Les affairistes : Examens et résultats (Partie 2)

...

Nous étions donc en fin de semestre, les absences de certains profs ont rendu obligatoire la tenue de cours de rattrapage, essentiellement des séminaires, du coup on ne pouvait préparer nos examens en même temps que l'on faisait de la recherche ... une fois les rattrapages terminés nous nous retrouvions déjà éreintés à 6 jours des examens et sans aucune préparation. C'est sous une première forme de solidarité que nous nous dirigeâmes à l'administration pour obtenir un report .. après d'âpres discussions avec Messieurs Le Doyen et le Vice doyen, nous obtînmes une ptite semaine vicieuse ... pourquoi vicieuse ? bein tout simplement parce que le calendrier initial des examens prévoyait un intervalle de 2 ou 3 jours entre les 4 premiers jours d'examens écrits et les 2 jours d'examens oraux ... en obtenant la semaine de report, on nous a supprimé les 3 jours d'intervalle ...

En tous cas, les Masters étant indépendants de l'administration, il en allait de même des matières, de sorte que chaque professeur décidait et du sujet et des moyens mis à la disposition des étudiants. Ainsi, si tout le monde se réjouissait d'avoir droit à nos codes chez Messieurs Laasri et Mernissi, tout le monde prit un coup de massue sur la tête quand M. Kettani nous refusa un tel privilège. Seuls points d'accord, le nombre d'heures d'exam, et la qualité de matière orale ou écrite, furent arrêtés en assemblée générale. Ainsi pour les matières écrites on avait des examens en 5 h (oui oui 5 h pour chaque matière) et pour les exams oraux, chaque professeur était libre d'en concevoir le mode d'évaluation, soit un oral classique soit un exposé discussion.

A l'écrit :

M. Kettani :

" Nombre d'auteurs appellent aujourd'hui de leurs voeux un approfondissement et un renouvellement de la théorie générale du contrat, laquelle s'enrichirait des principes nouveaux déjà contenus dans certaines dispositions spéciales. qu'en pensez vous ? illustez votre développement par des exemples en évaluant leur apport et leur portée théoriques et pratiques" (première session)

" La protection du débiteur entre le droit civil et le droit des affaires" (deuxième session)

M. Mernissi :

"La prise de contrôle des sociétés non côtées par les techniques du droit des sociétés "(première session)

"la prise de contrôle agressive des sociétés cotées" (deuxième session)

M. Laasri

" Les détournements et les abus de pouvoir dans les sociétés commerciales" (première session)

" Les infractions relatives au capital" (deuxième session)

(Dernière matière écrite l'anglais : celle-ci ne sera pas prise en compte, pour la réalisation des statistiques qui suivront étant donné que le professeur Mme Rabah ayant donné les mêmes exercices lors des examens à tous les masters dont elle avait la charge, certains étudiants ont récupéré ceux-ci faussant ainsi l'égalité des chances et gonflant les notes.)

Nous avions donc à l'issue de ces examens, une journée vacante avant le début le surlendemain des exams oraux.

Mme Benis : Nous avions des questions de synthèse à un examen oral ce qui destabilisa tout le monde

Mme Bassim : On piochait un bout de papier sur lequel figurait un numéro, le professeur se référant à une liste pour poser une question de cours suite à laquelle s'entamait un débat. Tout étudiant n'ayant pu répondre correctement à la question se voyait octroyer la possibilité d'en avoir une autre, à la conséquence de voir sa note finale divisée par 2. Puis nous avions à discuter des arrêts que nous avions préalablement commentés en cours d'année.

M. Mernissi : Intimidant pour la plupart. Il s'agissait ni plus ni moins que de questions que l'on a traitées, mais ça paraît simple à dire, la matière est très technique et détaillée.

Alors ce qu'il faut savoir, c'est que la difficulté des examens va se traduire par des abandons, au cours même de ceux-ci, c'est ainsi qu'au terme de la première matière, renoncera l'autre élément meknassi, une fille, puis à l'issue des examens écrits renoncera un autre étudiant, de casablanca cette fois-ci, un autre, fort sympathique ... baissera les armes suite aux examens de première session. Sur les 32 inscrits, 26 se sont présentés au premier exam, 23 donc seulement passeront tous leurs examens (première et seconde session pour ceux qui en étaient tenus).

Le lendemain nous avions rendez vous avec les résultats et le surlendemain débutaient les examens de seconde session. Par souci de commodité, je ne pourrai refaire les stats deux fois, donc je les ferai en parallèle.

Etudiants : Inscrits : 32/32
...................Ayant débuté leurs exams : 26/32
...................Ayant terminé leurs exams : 23/32

.....................................................Module Droit civil

En droit des obligations : 5/23 ont eu 10 ou plus (1ère session)
........................................ 2/18 ont eu 10 ou plus (2ème session) (/18 et non /23 puisque 5 ont validé en première session)
..............................Total : 7/23 ont eu 10 ou plus en cette matière sur l'ensemble des sessions

En droit des sûretés .......: 6/23
..........................................8/17
.............................Total : 14/23

.....................................................Module Droit de l'entreprise

En Groupements d'affaires : 2/23
...........................................: 3/21
..................................Total : 5/23

En restructurations d'entreprises : 9/23
.................................................... : 5/14
..........................................Total : 14/23

.....................................................Module Droit pénal

En droit pénal des affaires : 9/23
..........................................: 1/14
................................Total : 10/23

En droit pénal économique : 18/23
.......................................... : 02/05
.......................................... : 20/23

Alors, à ce point là logiquement l'on peut penser vu les notes supérieures à 10 que le taux de réussite était élevé, il n'en est rien puisque pour on ne retrouvera pas les mêmes personnes qui ont validé toutes les matières.

Plus hautes et plus basses notes

Droit des obligations : 11 x 2 (la note la plus haute est 11 et a été réalisée par 2 étudiants
..................................: 02 x 1 (la note la plus basse ... )

Droit des sûretés.......:14 x 2
..................................:03 x 1

Groupements d'affaires : 11 x 1
......................................: 00 x 1

Restructurations d'entreprises : 13 x 1
................................................ : 04 x 2

Droit pénal des affaires : 13 x 1
......................................: 04 x 2

Droit pénal économique : 15 x 7
......................................: 06 x 1

Nombre d'étudiants :

... ayant validé tous leurs modules en 1ère session : 2
...ayant validé tous leurs modules en 2ème session : 3

...ayant validé toutes leurs matières en 1ère session : 1 (donc 1/2 par rapport à ce qui précède)
...ayant validé toutes leurs matières en 2ème session : 2 (donc 2/3)

... ayant la moyenne générale et n'ayant pourtant pas réussi : 8/17 (sur 17 puisque 5 ont réussi)

Sur la photo : Réussite aux examens par rapport aux facultés de provenance
Les affairistes : Examens et résultats (Partie 2)

# Posté le mercredi 04 avril 2007 08:01

Modifié le lundi 13 août 2007 23:58

Les affairistes : Le semestre (partie 1)

Les affairistes : Le semestre (partie 1)
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Alors alors première année de la nouvelle mouture de l'ancien Desa (Diplôme d'Etudes Supérieures Appliquées) devenu Master, la procédure de validation par le ministère et ce n'est plus une surprise s'éternisa de sorte que l'on n'a pu postuler que début octobre pour les différents Masters. La procédure était la même pour tous, présélection sur dossier, entretien avec un Jury formé de deux professeurs pour la sélection finale.

Ne pouvant tout vous relater quand même, je fais fi des autres Masters pour ne vous parler que de celui des affaires. Au niveau de Casablanca les étudiants et de l'ancien (licence en 4 ans) et du nouveau système (licence en 3 ans) ont pu postuler, en plus d'étudiants d'autres villes ou carrément d'autres pays. Le défi est grand, il s'agissait carrément des meilleurs de leurs facultés, chacun étrainant ses mentions en palmes, venant défier sur leur arène casablancaise, les plus corriaces professeurs de notre chère terre, Le Maroc. Une faculté, pour cette unique branche qui est la notre, étant connue un peu partout sur le globe, on ne parlera ainsi jamais assez des éléments qui continuent leurs études dans les facultés françaises et qui en sont souvent majors de promotion.

La rude présélection, qui ne pouvait mettre en avant que les notes des étudiants et non leurs aptitudes actuelles, vit tôt plusieurs têtes "couronnées" être mises à l'éccart, notamment deux majors de la promotion 2004/2005 (cette année universitaire n'avait pas donné la possibilité aux étudiants de faire un 3ème cycle pour les besoins de transition entre Desa et Master, ils ont donc patienté une année pour pouvoir se présenter). Le nombre des étudiants était alors aux alentours de 202, il n'en subsistera que 84 qui auront le droit de croiser le fer avec le jury.

Le passage devant le jury a nécessité de diviser les 84 étudiants (classés par ordre alphabétique) en 4 groupes de 21 personnes chacun. La première liste, de loin la plus relevée, l'était et par la qualité des étudiants, tous des casablancais et par celle du jury, on n'aurait pu tomber sur plus exigeant tandem, que Messieurs Aouani-Bensghir pour trancher cette liste de personnes dont les noms débutaient par A et B.

Le problème à ce niveau était double, il n'y a surement pas eu de debriefing au niveau des professeurs, puisque pour les 4 groupes, les professeurs ont posé des questions sur leurs matières respectives et non sur les matières requises pour entamer les études pour lesquelles on postule, on se retrouvera alors plus tard en cours d'année avec des étudiants (et ce n'est ni un reproche ni un blame) issus d'autres facultés et qui n'auront jamais étudié "la responsabilité civile" ni "le droit des sociétés" c'est abérrant. Autre souci, il y a eu des cas bizarres, de gens n'ayant pas passé d'entretien et pourtant ... enfin ... passons à l'issue de cet entretien, 38 personnes seront retenues et étaient amenées à s'inscrire pour confirmer leur choix.

Etant déjà un chiffre énorme, il n'y avait pas, contrairement aux autres Masters, de liste d'attente, de sorte que chaque désistement n'était pas remplacé, en effet on se retrouvera alors avec 6 désistements (Notamment Tibari, Hasna Khattabi, Zouhir Sara, Boulahjoul Idrissi Nisrine ...) et donc finalement 32 étudiants inscrits.

Il était clair alors qu'il ne s'est pas agi de mérite mais plutôt de diviser le nombre de sièges de façon égale entre les différentes catégories d'étudiants, ainsi il y aura 10 étudiants du nouveau système, 10 de l'ancien, 10 d'autres villes, 1 Mauritanien, et quelques étudiants de la promotion de 2004/2005.

Alors là où les dents grinçent, c'est que les désistements ont eu lieu spécialement dans les rangs d'étudiants casablancais de l'ancien système. la structure finale de la promotion sera La suivante

Etudiants Casablancais ancien système promotion 2004/2005 : 5 étudiants + 1 avocat (promotion 1997)
Etudiants Casablancais ancien système promotion 2005/2006 : 7 étudiants
Etudiants Casablancais nouveau système promotion 2005/2006 : 10 étudiantes (ce n'est pas une erreur de frappe ni d'attention, elles sont bien toutes des demoiselles)
Etudiants Hors casa : 9 étudiants : 2 Slaouies, 2 fassis, 2 Meknassis, 1 Rbati, 1 de Mohamedia, 1 Mauritanien

Le semestre était divisé en modules : 3 de base + 1 supplémentaire (l'anglais)


.......................................Droit des obligations : Me Azeddine Kettani
Module Droit civil :
.......................................Droit des sûretés : Mme Meriem Benis


.....................................................Les restructurations d'entreprises : M. Mohamed Mernissi
Module Droit de l'entreprise :
.....................................................Les Groupements d'affaires : M. Mohamed Mernissi


.............................................Droit pénal des affaires : M. Thami Laasri
Module Droit pénal :
.............................................Droit pénal économique : Mme. Lamiaa Bassim


Alors les cours se déroulaient essentiellement en cours chez Mesdames Bassim et Benis, et en cours doublés de séminaires, d'une rigueur variable. Ainsi, Chez Monsieur Kettani, tout le monde était tenu de 8 exposés, il n'y avait de possibilité de travailler en binome et les travaux devaient être remis à la fin de chaque séance, aucun retard n'était toléré, ce qui était frappant c'était la façon dont ces exposés devaient être traités, nous visitions tous les domaines du droit, un sujet prenait en moyenne plusieurs jours à préparer, mais jamais personne n'a pu réellement satisfaire notre enseignant.

Chez Monsieur Laasri, c'était plus serein, l'on devait préparer les thèmes arrêtés en début de semestre et le débat était entretenu en table ronde, toutefois chaque étudiant devait à la fin du semestre avoir remis deux exposés au professeur.

Chez M. Mernissi qui avait à charge tout un module, l'enjeu était double, nous traitions indistinctement les deux matières et avions cours parfois et séminaires d'autres, toutefois les sujets à exposer étaient toujours des sujets concernant lesquels il n'y avait pas d'ouvrages marocains, et la législation marocaine différait de celle française (donc pas moyen de se documenter chez nos amis de l'héxagone)

Donc ce fût un semestre avec une forte densité en travail, les exposés s'enchaînant, des problèmes de bibliothèque, à la fac, à l'administration .. tout n'allait pas pour le mieux.

Pire encore c'est au niveau humain que ça galerait le plus, une mini guerre froide éclata ... des clans ... des groupes ... presque des coalitions parfois, une situation qui au delà de l'inconfort qu'elle causait à tous (et j'espère que je ne me trompe pas) écartait toute solidarité, indispensable pour faire valoir un droit ou introduire une requête auprès des professseurs ... c'était comme nous le résumions si bien "chacun pour soi, dieu pour tous".

Au fur et à mesure où la tâche s'avérait plus dure, nous perdions des étudiants en cours de route, ainsi un Meknassi n'assitera que la première semaine, le Rbati et une casablancaise renonceront après toutes ces souffrances à l'aube des examens, deux autres demoiselles, clercs de notaire renonceront bien avant les exams (Touiti et Mouji) et enfin Jamji Imane que l'on n'aura jamais vue.

Ils ont été donc 6 étudiants à avoir renoncé en cours de route sans même passer les examens : 2 casablancaises promotion 2004/2005, 2 casablancaises promotion 2005/2006 et deux étudiants hors casa.

Cela rappelle l'émission télévisée "koh lanta" où à la fin de chaque épisode l'on voit la photo d'un participant bruler, signe de son élimination, bien qu'il ne s'agisse pas de course, mais bien des rumeurs parlent de quota.

C'est à une 20aine de jours des examens que l'on connaîtra, quel était le mode d'évaluation pour chaque matière, il n'était donc pas question en cours d'année de travailler une matière en ayant pour principale considération qu'elle serait orale ou écrite, on travaillait au jour le jour non sans poser des questions .. mais celles-ci ne trouvaient de réponse.

Coming soon ... Prochain article : "Les affairistes : Examens et résultats" (partie 2)

# Posté le jeudi 29 mars 2007 18:13

Modifié le vendredi 30 mars 2007 07:08

Lettre ouverte à la Chère personne (une année plus tard)

Lettre ouverte à la Chère personne (une année plus tard)
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Le 25 Mars de l'année 6 successsive à l'an 2000, j'avais, Chère personne, décidé d'en rester là, de couper des ponts pourtant si bien batis au fil des années.

365 jours durant, sachez et que le souvenir de ma sincérité en votre mémoire en fasse foi, que rares sont les jours où je n'ai pensé à vous, presque autant qu'une grand-mère défunte.

Etais-je lâche ? n'ai-je cherché qu'avoir l'âme sereine ? ai-je tout sacrifié par peur de responsabilité ? surtout est ce que je regrette ? ce ne sont pas des questions auxquelles j'ai envie de répondre plus qu'elles ne sont des questions que je me suis posées, souvent.

Pour autant, j'arrivais toujours au même résultat, j'ai sacrifié mes souvenirs que je perpétuais en ta compagnie, j'ai largué le dernier des amis ... j'ai accueilli un peu de sérenité mais surtout son lot de souffrances ... à quel prix ? que vous vous amendiez ? cela reléverait plutôt de l'utopie ... s'il y avait une chance pour un tel revirement, je m'y serais pris autrement ... Le prix de tout ça n'était alors que celui de l'espoir ..

L'espoir d'un beau jour de ces 365 que vous vous soyez posé une seule question juste une seule ... "a-t-il (en parlant de moi) sacrifié toutes ces années d'amitié rimant avec fraternité pour une quelconque raison sauf mon bien ?" si tu ne pourras l'affirmer ipso facto .. ce dont je suis sûr c'est que tu ne pourras m'en trouver aucun autre motif ...

Il m'est difficile de te voir te tuer .. m'est pénible encore plus de ne savoir si tu te tues encore ou pas .. m'est pesant et rude de te tourner le dos .. mais si tu t'es posée ladite question, c'est que la rage qui m'envahit a semé le trouble dans tes certitudes .. et que le bout du tunnel n'est plus bien loin ...

Je me refuse à envisager la situation inverse, ni à te juger en conséquence ... tant que nos âmes hantent cette Terre et que dieu voudra bien encore que vie s'y tienne ... puisses tu rebrousser chemin ... au tournant me trouveras tu ... et l'on fera marche arrière ... ensemble ...

Je ne suis ni prêcheur de parole divine ni tuteur des actes des autres ... les autres dont je n'ignore pas les actes ... mais qui me sont bien plus indifférents que je ne doive leur consacrer des mots et encore moins du temps ... deux attribus qui sont vôtres ... Comprenez-moi je vous prie ...


A bientôt, Chère Personne

# Posté le dimanche 25 mars 2007 19:56

Modifié le mercredi 28 mars 2007 16:56

1 année déjà

C'est un 27 Janvier que dieu reprenait son, ton âme grand mère ... à cet instant là je me rappelle, j'étais en route, sous une pluie battante ... pour te retrouver, là, immobile ... que croyais-je en allant plus vite ? que tu revivrais juste pour me dire au revoir avant de repartir ... que tu ne pouvais pas y aller sans me saluer ... puis nous t'inhumâmes ... Une année ...

Une année plus tard, état des lieux, ton souvenir hante mes journées, mes nuits, mes faits et gestes ... chaque gorgée de café au lait, me fait penser aux moments où on riait en le partageant ... J'attends

J'attend
s toujours que la prière que j'ai faite s'exauce, " Voir ton amour en nos coeurs, en courage converti " ... Une histoire

Une
histoire qui vit toujours, qui vivra, autant que je vivrai, la tienne et la mienne.

Grand mère.

# Posté le samedi 27 janvier 2007 18:14

Modifié le dimanche 15 avril 2007 18:54

Saddam Hussein 1937-2006 (صدام حسين عبد المجيد التكريتي )

Saddam Hussein 1937-2006 (صدام حسين عبد المجيد التكريتي )
*

Il n'est pas d'usage sur le blog que je traite de sujets à connotation politique, mais cette fois-ci, je ne pouvais occulter ce remous causé par la pendaison de l'ancien Ra'iss (clin d'oeil à qui se reconnaîtra). Ce faisant, et pour concilier ces deux impératifs contradictoires (expression chère à M. Mernissi), je vous relaterai sa vie "extraordinaire" (au sens propre) mais indirectement en vous rapportant succinctement l'essence de mes lectures avec tout l'objectivisme que je me connais.

Le sujet peut vous paraître long, mais jusqu'à présent c'est celui qui sur ce blog vaut le plus la peine d'être lu, personnellement j'ai eu les larmes aux yeux en lisant ce que cet homme a fait POUR son pays ... ceci n'excusant en rien les atrocités commises par son régime ... Lisez puis jugez .. Merci

°oOo° L'enfance °oOo°

Il serait né le 28 avril 1937 dans une famille très pauvre de paysans sans terre du village d'Aouja, non loin de Tikrit. Selon ses biographies officielles, son père, Saddam Hussein al-Majid serait mort, peu avant ou peu après sa naissance.

D
e fait, le petit Saddam est élevé par le nouvel époux de sa mère, un homme brutal et illettré, qui le traite rudement. Dès lge de six ans, il commence à travailler comme berger, à l'âge de huit ans, il fuit le domicile familial, et est recueilli à Bagdad par un oncle maternel, Khairallah Talfah, ancien officier qui avait soutenu la révolution de Rachid Ali Gaylani et qui est devenu maître d'école.

Son
oncle le scolarise dans l'école municipale, ils partent ensuite pour Bagdad avec le jeune Saddam, où, en plus d'aller à l'école, il exerçait de petits métiers. Son oncle lui apprend également le maniement des armes et l'instruit sur l'histoire de l'Irak. Admiratif de son oncle, il décide de devenir comme lui, officier. Il se présente à l'école militaire pour passer le concours d'entrée mais il échoue.

°oOo° La politique °oOo°

Après la fin de ses études secondaires, le jeune Saddam rejoint une cellule clandestine du parti Baas (le parti socialiste de la Renaissance arabe). Ce parti, fondé par un Syrien chrétien, Michel Aflaq et par un musulman Salah al-Din al-Bitar, affilié à la IIe internationale socialiste, prônait en fait un arabisme laïc mélangé de références socialistes.

Membre du parti Baas, il milite dès le début des anes 1950, pour l'unité arabe. Quelques années plus tard, il est condamné avec son oncle à six mois de prison pour avoir tun informateur de la police. Il participe en 1956 à un coup dtat avor contre le roi d'Irak, soutenu et impo par la Grande-Bretagne.

Le 7 octobre 1959, il fait partie d'un groupe qui tente de tuer le général Kassem, ses services de propagande ont tenté d'embellir son action, jusqu'à en faire le personnage central de ce complot manqué et le héros d'une nouvelle « geste ».

Après sa tentative de meurtre manqué sur le président Kassem, il traverse l'Euphrate à la nage, il traverse lesert, sefugie parmi des bédouins et réussit à sefugier d'abord à Damas il rencontre des baasistes syriens, il devient membre à part entière du parti. Puis il part au Caire, à l'époque de la République arabe unie, et il est condamné par contumace à mort par le gouvernement irakien. Il continue sa scolarité au Caire, il obtient son diplôme en 1961, puis, en 1962, il entame des études de droit.

Après la révolution irakienne du 8vrier 1963, lors de laquelle le général Kassem est renversé par des groupes baasistes commandés par lenéral Aref, Saddam Hussein revint en Irak, il se fait l'intermédiaire des baasistes syriens et irakiens. Il participe également à plusieurs conférences panarabes, du parti à Damas, où il expose les mêmes idées qu'Aflaq. Avec son retour en Irak, il travaille au recrutement de nouveaux militants.

En
1964, Saddam prévoit d'assassiner le président Aref. L'attentat est nonet il se fait emprisonner avec un complice. Durant sa tention, il approfondit sa culture nationaliste. Il parvient à s'évader le 23 juillet 1966 au cours d'un transfert entre deux prisons. Il se consacre alors à la constitution d'une branche clandestine du Baas qui implique une centaine de personnes.

Lors d'un coup d'État, le 17 juillet 1968, et devient le parti le plus puissant et le mieux structude la région. Saddam Hussein aurait – d'après les sources baasistes – assiégé le palais présidentiel avec un tank et pris le pouvoir. Le 30 juillet 1968, Saddam limoge le premier ministre et le ministre de la défense en personne.

É
paupar son groupe, sa « tribu », constituée de sa famille proche, de ses nombreux cousins et alliés, et des natifs de sa ville de Tikrit, Saddam Hussein, peu à peu, « élimine » ses rivaux, etussit à contler Bagdad, la capitale. Il devient vice président de la république en 1971.

Au début des années 1970, il se donne le titre de général honoraire :

- Le 1er juin 1972 il commence une vaste nationalisation des compagniestrolières
-
L'Irak connaîtra alors un développement industriel et social sans précédent.
-
Saddam Hussein s'est efforcé de moderniser l'économie et l'industrie
-
En 1973, il devient général
-
En 1979, à 42 ans, se sentant assez puissant, il remplace à la présidence de l'Irak Ahmad Hasan al-Bakr suite à son renoncement précipité, officiellement pour « raison de santé ».

Des milliers de cadres du parti Baas sont alors convoqués d'urgence et vingt-deux d'entre eux, accusés de trahison, sont arrêtés en pleine assemblée présidée par Saddam Hussein fumant le cigare et pleurant parfois, et sont emmes à l'exrieur pour être exécutés sommairement. La scène est filmée et est suivie en direct dans tout le monde arabe et servira à asseoir le pouvoir du nouveau dictateur en Irak et deviendra célèbre mondialement comme illustration de ses méthodes et de sa personnalité.

°oOo° Modernisation de l'Irak °oOo°

Dans le même temps, d'énormes progs au niveau social auront été accomplis sous sa présidence :

- L'Irak s'industrialise rapidement et devient l'un des pays arabes où le niveau de vie est le plus élevé => avec comme résultat l'émergence d'une véritable classe moyenne.
- E
n 1973, Saddam lance la « Campagne nationale pour l'éradication de l'illettrisme »
- L
cole devient gratuite, obligatoire et séculière pour les garçons et les filles.
- En mo
ins de dix-huit mois, le nombre d'enseignants atteint le nombre de soixante-deux mille personnes
-
Le nombre de filles scolarisées est multiplié par trois
-
L'Unicef reconnaît que l'Irak a pratiquement éradiqué l'illettrisme et aura pous la scolarisation des Irakiens à un niveau encore inédit au Moyen-Orient.
-
En 1982, l'Unesco remet un trophée à l'Irak pour l'effort d'alphabétisation dont avait fait preuve le gouvernement à l'égard des filles. Près de 95 % des filles étaient scolarisées

Dans son esprit, l'éducation gratuite concerne aussi bien :

-
L'accès à l'école en elle-même
-
L'obtention de livres scolaires
- Qu
e la gratuité des moyens de transport

C'e
st pour cette raison que dans les années 1970 et 1980, le ministère de l'éducation irakien distribue tous les outils nécessaires à une bonne éducation :

-
Les élèves pouvaient se rendre à l'école grâce à des bus qui étaient gratuits
- A la fin de leur année scolaire, tous les élèves recevaient un cadeau

- Les frais d'hospitalisation sont dorénavant pris en charge par l'État
-
Des subventions sont accordées aux fermiers
- Le système de santé irakien devient l'un des plus modernes et efficaces de tout le monde arabe
-
Les services publics ne sont pas en reste, car le recrutement se fait donavant sur le mérite.

L'Irak pendant grandement du pétrole, Saddam tenta de diversifier lconomie en :

-
Menant un plan d'industrialisation. L'Irak devient donc le premier État arabe à avoir utili sa rente trolière pour procéder à son industrialisation.
-
Il entreprend la construction :

* De routes
* De grands axes autoroutiers
* Des bâtiments
* Le veloppement d'industries.

Il lance une volution énergétique :

- Amenant l'électrification de presque toutes les villes d'Irak (même les villes se situant dans les campagnes ou difficile d'accès)
- Près de dix mille villages ont été électrifiés en même temps
-
Il fait distribuer gratuitement aux Irakiens des réfrigérateurs et des téléviseurs.

Avant les années 1970, l'Irak était un pays largement rural ; suite aux différentes formes :

- L'urbanisation s'étend
- Saddam redistribue les terres aux paysans, qui étaient auparavant dans les mains d'une minorité de personnes.
-
Il lance une forme agraire devant permettre aux fermiers de maximiser le profit de leur exploitation.
- L'agriculture est mécanisée
- Le
s paysans ne sachant pas utiliser les nouvelles machines sont formés par le gouvernement.
- Cette réforme avait également comme but de mettre fin au féodalisme.

Il lance également une véritable politique culturelle :

-
Il réhabilite et entretient les anciens palais datant de l'Empire Abbasside
- L'ancienne cité de Babylone
- Les palais de Nabuchodonoso
- La triple enceinte
-
La porte d'Ishtar à Babylone
- Il fonde plusieurs musées à Bagdad en vue de rassembler et de conserver le patrimoine historique irakien.

En 1980, l'Irak était le seul pays arabe en passe d'atteindre l'autosuffisance alimentaire. D'ailleurs sa politique de modernisation ne s'arrêtait pas à l'Irak, car voulant la modernisation du monde arabe, il lance le "Fonds national pour le développement extérieur".

Il propose que l'augmentation du prix du brut, soit, en partie, consacrée à aider les États arabes les plus pauvres par l'intermédiaire d'un fonds de répartition. Cette proposition est saluée par les citoyens des pays arabes, mais elle est immédiatement rejetée par les émirs du Golfe.

°oOo° La descente en Enfer °oOo°

+°*°+ Guerre Iran Irak 1980-1988 +°*°+

En septembre 1980, Saddam Hussein lance son armée contre l'Iran des mollahs. Jusqu'en 1988, les deux pays sont plongés dans une guerre longue et sanglante et finalement sans beaucoup de résultats. Car sur tous ses objectifs, Saddam Hussein connaît un échec relatif, malgré l'aide massive apportée par l'Union Soviétique, la France, les États-Unis dans une moindre mesure et les Émirats arabes.

Au terme de huit années de guerre, l'Irak réussit à prendre pied sur la rive iranienne du Chatt-el-Arab, mais au prix d'un million de morts et de sa jeunesse sacrifiée. Durant ce conflit, l'Irak utilise massivement et systématiquement des gaz lacrymogènes (1982), puis des armes chimiques mortelles, interdites d'emploi par de nombreux traités internationaux, comme des vésicants et des neurotoxiques à partir de 1983.

+°*°+ Le massacre des Kurdes +°*°+

Le régime est l'auteur du massacre de plusieurs milliers de Kurdes (certaines estimations avancent le chiffre d'un million de morts), essentiellement dans les villages diris par l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), alors soutenue par l'Iran.

Dès 1963, la population kurde est percutée et massacrée : 4 500 villages sont détruits, des mines antipersonnelles sont dispersées dans la région et les terres agricoles sont dévastées. Pour la première fois dans l'Histoire, un gouvernement retourne ses (armes chimiques) contre sa propre population.

+°*°+ L'invasion du Koweït et la guerre du Golfe (1990-1991) +°*°+

En 1990, pour des raisons économiques, il décide l'invasion du Koweït. Dans un premiers temps, l'ambassadeur des États-Unis transmet que « les États-Unis n'ont pas d'opinions sur la question [d'une invasion du Koweït] », ce qui équivaut à un agrément par torance en langage diplomatique. Saddam envahit donc le Koweït. Les États-Unis réévaluent la situation, puis affichent leur opposition à cette annexion.

Lors
d'uneance a l'ONU, les États-Unis plaident en faveur d'une intervention armée tandis qu'« une jeune femme koweïtienne en larmes » raconte les cruautés des armées irakiennes : viols de femmes, ecutions sommaires, vol de couveuses dans les hôpitaux (ce qui condamne les enfants prématurés). L'ONU approuve la guerre du Golfe (1990-1991), qui se termine par une défaite de l'Irak. Cependant, les forces de la coalition préfèrent « contenir » le régime irakien, plutôt que de risquer de déstabiliser le Golfe persique. Ainsi, les armées coalisées prennent le contrôle du nord et du sud de l'Irak, mais ne poussent pas leur avantage militaire jusqu'à Bagdad. Saddam Hussein reste au pouvoir et mate une rébellion, les coalisés n'agissant pas. L'ordre est rétabli dans le centre de l'Irak sous le contrôle de Saddam.

°oOo° La chute °oOo°

Le 20 mars 2003, les États-Unis et leurs alliés (principalement le Royaume-Uni) attaquent l'Irak et le régime de Saddam Hussein et le renversent lors d'une guerre éclair (mars-avril 2003).

Le motif invoqué par le Président aricain George W. Bush pour l'attaque du pays est la détention par l'Irak d'armes de destruction massive. Cette guerre n'a pas eu l'aval de l'ONU. Un rapport officiel publié en octobre 2004 par Washington conclura :

-
Que le régime de Saddam Hussein ne possédait pas d'armes de destruction massive bien que plusieurs tonnes de produits toxiques et cinq cents obus à charge chimique aient été trouvés.
- L'
autre motif de cette invasion est la reconstruction d'un Moyen-Orient cultivant "la mocratie" au lieu de la tyrannie.

Tou
tefois, les intérêts financiers de l'industrie pétrolière américaine en général et de la famille Bush en particulier ne sont pas étrangers à cette invasion. Certains affirment que le président Bush fils aurait promis à son père de terminer le travail qu'il avait commencé mais pas terminé. Néanmoins, aucune preuve ne vient corroborer ces hypothèses.

La chute de Bagdad, le 9 avril 2003, marque la fin officielle du régime de Saddam Hussein et sa fuite. Aps plusieurs mois passés dans la clandestinité, Saddam Hussein est officiellement ar dans une cave par l'are américaine à Tikrit dans la nuit du 13 au 14 décembre 2003.

Le 29 décembre 2006, on apprend par le dépu Sami al-Askari, collaborateur du Premier ministre Nouri al-Maliki que Saddam sera ecuté dans la nuit du 29 au 30 décembre 2006 ou au plus tard le 4 janvier 2007 (après l'Aïd el-Kebir, la fête la plus sacrée du calendrier musulman).

Le 30 décembre 2006, l'ancien président irakien est finalement exécuté à Bagdad à 06 h 05, heure locale (03 h 05 GMT). Livré par les Américains aux autorités irakiennes, ce sont des Irakiens qui ecuteront la sentence. Saddam Hussein est mené au gibet les bras et les pieds entravés mais conserve son calme. Quelques secondes avant son exécution, certains des officiels psents sur le lieu de l'exécution scandent : « Moqtada, Moqtada », par référence à Moqtada al-Sadr, le chef de l'Armée du Mahdi, dont le père a été exécuté sur l'ordre de Saddam Hussein. La scène de l'exécution a été filmée et diffusée illégalement sur internet.

Sa
pendaison met fin à toutes les actions dont celui-ci devait répondre, dont sept autres procédures. Un autre procès aurait donc pu être ouvert à l'issue duquel le dictateur aurait sûrement pas les 70 ans (âge à partir duquel on ne peut plus exécuter un condamné en Irak).

Le 31 décembre, il est enterré à 4 h 00 (1 h 00 GMT) dans un bâtiment construit au cours de sa présidence et destiné à honorer les morts, dans le centre d'Aouja, à 180 km au nord de Bagdad et 4 km au sud de Tikrit. Il repose avec son oncle et ses deux fils.

Pour de nombreux analystes, l'exécution serait plus un acte de guerre civile que de justice, ou tout du moins un acte de vengeance communautaire.


Destin d'un homme.

# Posté le vendredi 12 janvier 2007 09:06

Modifié le mardi 05 juin 2007 00:52